Heulà ! quel climat en Normandie !

« J’irai revoir ma Normandie » est un refrain bien connu du réalisateur Erik Fretel, originaire d’Alençon. Ses études d’agronomie et l’environnement au lycée agricole de Sées ne sont pas avoir influencé l’orientation de ses documentaires, à commencer par son premier opus « Quand la nature reprend le dessus ».  Suivront « Pesticides mon amour », « Vélotopia », « Bye Bye pesticides » et le récent « Heulà !ça chauffe ! ». Des titres suggestifs pour des « docu-comédies » comme les baptisent le réalisateur lui-même. Des sujets sérieux mais dont le traitement (naturel) se veut avant tout pédagogue avec l’humour en arrière-plan du message à transmettre. Tel est le fil conducteur et la marque subtile de fabrique d’Erik Fretel qui, à propos de Vélotopia, expliquait : « Au lieu de dire la voiture, c’est mal, je montre que c’est cool le vélo. » Militant mais pas moralisateur.  

Un ton décalé qui marche et qui « parle » au public. Et cette proximité Erik Fretel la cultive particulièrement avec  « Heulà !ça chauffe ! », sa version 2017 du réchauffement climatique. Une version 100% made in Normandie. Mettant en vedette clichés pittoresques (la pluie, le camembert…), et à l’appui de constats concrets sur la menace qui érode les emblèmes touristiques et « pèse sur l’âme de la Normandie » il expose le Mont Saint Michel, Etretat et les plages du Débarquement à la lumière du réchauffement climatique, avec une motivation engagée : rompre avec l’idée sceptique que « ce changement c’est loin, c’est les autres ». Parler du quotidien, du local favorise la sensibilisation. Comprendre les choses permet de pouvoir agir en connaissance et conscience des choses. Aussi son film conduit progressivement le spectateur à réfléchir sur ses modes de consommation  et à devenir un acteur responsable de ses choix.   

Vous trouverez le détail des dates de projection du film dans les pages Villes du festival.

Certaines séances seront suivies d’une rencontre avec Serge Lesur, météorologue et co-scénariste du film.

Photo MJC de Bernay :Serge LESUR et Erik FRETEL