Heulà ! ça chauffe ! … encore plus

« J’irai revoir ma Normandie » est un refrain bien connu du réalisateur Erik Fretel, originaire d’Alençon. Ses études d’agronomie et l’environnement au lycée agricole de Sées ne sont pas avoir influencé l’orientation de ses documentaires, à commencer par son premier opus « Quand la nature reprend le dessus ».  Suivront « Pesticides mon amour », « Vélotopia », « Bye Bye pesticides » et « Heulà !ça chauffe ! ». Des titres suggestifs pour des « docu-comédies » comme les baptisent le réalisateur lui-même. Des sujets sérieux mais dont le traitement (naturel) se veut avant tout pédagogue avec l’humour en arrière-plan du message à transmettre. Tel est le fil conducteur et la marque subtile de fabrique d’Erik Fretel qui, à propos de Vélotopia, expliquait : « Au lieu de dire la voiture, c’est mal, je montre que c’est cool le vélo. » Militant mais pas moralisateur.  

Un ton décalé qui marche et qui « parle » au public. Et cette proximité Erik Fretel la cultive particulièrement avec  « Heulà !ça chauffe ! ». Le film de 2017 a été revisité et une version 2019 allongée (52 minutes) est aujourd’hui présentée. De nouveaux témoignages viennent amender le sujet du réchauffement climatique… Une version toujours 100% made in Normandie.

 Mettant en vedette clichés pittoresques (la pluie, le camembert…), et à l’appui de constats concrets sur la menace qui érode les emblèmes touristiques et « pèse sur l’âme de la Normandie » il expose le Mont Saint Michel, Etretat et les plages du Débarquement à la lumière du réchauffement climatique, avec une motivation engagée : rompre avec l’idée sceptique que « ce changement c’est loin, c’est les autres ». Parler du quotidien, du local favorise la sensibilisation. Comprendre les choses permet de pouvoir agir en connaissance et conscience des choses. Aussi son film conduit progressivement le spectateur à réfléchir sur ses modes de consommation  et à devenir un acteur responsable de ses choix.   

Les projections de Conches-en-Ouche, Illeville-sut-Monfort et Livarot seront accompagnées par la présence de Serge Lesur, climatologue et intervenant du film.