A la rencontre de Samuel Turpin

Photographe et grand reporter, Samuel Turpin signe avec l’exposition « Humans&Climate change stories » une aventure humaine, universelle,  hors du commun.Pour l’heure, quatre histoires sont présentées lors du Festival Génération Durable, illustrant ainsi le Chapitre 1 de cette épopée humaine et climatique. Rencontre.

Depuis 2017, Samuel Turpin fait le tour du monde pour mener à bien ce projet qui le conduira pendant 10 ans à nous rapporter et raconter les histoires (stories) de douze familles suivies sur trois générations. Un dénominateur commun : les impacts, déjà concrets, du changement climatique sur leurs modes de vie. Un message universel : le climat est l’affaire de tous, ici et maintenant. « C’est un phénomène irréversible ».

« Montrer la globalité du phénomène, l’interdépendance, la transversalité des facteurs liés au dérèglement climatique » tel est l’objectif premier de ce projet d’envergure, de patience et de persévérance.

Raconter un chapitre d’histoire c’est à minima trois mois de travail, entre recherches en amont, déplacement sur les lieux et travail de post-production : sélection des photos (dilemme de choix sur 250 à 300 photos !), montage des documents sonores, vidéo…

La genèse du projet en trois questions

A chaque histoire (story) … son histoire ?

Samuel Turpin : Le  projet  repose sur la matrice des thématiques du changement climatique. Chaque histoire illustre un visage de ce changement. Tous les continents sont couverts et le choix s’est porté sur les pays les plus touchés par ces effets. Les familles sont emblématiques mais leurs témoignages, les impacts qu’ils vivent au quotidien font émerger une prise de conscience de l’universalité du phénomène, des facteurs liés. La question du climat ne se décline pas seulement sur le plan écologique. Le projet propose une vision transversale.

Ce projet propose une « approche documentaire », c’est-à-dire ?

S.T. :  Cette approche s’inscrit à la fois dans sa durée, le suivi et l’identification aux familles. Elle expose aussi  la transversalité politique, environnementale et sécuritaire. C’est une approche globalisante mais intimiste par l’immersion qu’elle provoque.

Comment s’est construit ce projet avec les familles?

S.T. :  C’est d’abord une rencontre,  et une envie commune de partager leur histoire. L’immersion au cœur de leur quotidien est capitale. Une intimité et une complicité s’installent. Après notre départ, nous restons en contact en permanence. Nous avons créé une sorte de « communauté » où les Alpes suisses communiquent avec la famille groenlandaise par exemple ! Pour les familles, l’enjeu est d’accepter de s’investir sur dix ans pour permettre de suivre les trois générations et témoigner de leur conscience de ce qui a changé, des difficultés générées et comment ces impacts influencent  leur mode de vie.

Samuel Turpin animera une conférence le lundi 30 septembre, au Conservatoire intercommunal , à Bernay, à 20h30.