Rencontre avec Erik Fretel

Erik Fretel va accompagner 5 avant-premières de son nouveau documentaire. Un film dans lequel, grande première,  la MJC s’est particulièrement impliquée dès l’origine du projet. Ainsi, sur  la micro-planète Normandie des héros de la vie ordinaire incarnent Les gardiens du climat.  Assurément, le changement climatique n’est pas de la science-fiction…

Quelle est la recette de votre potion « docu-comédie » ?

Pour démontrer que documentaire et écologie ce n’est pas démoralisant, ma formule magique  c’est l’humour : un message sérieux enrobé d’humour. Offrir au public de passer un bon moment devant un film divertissant. La note humoristique joue un rôle pour faciliter la compréhension des idées délivrées et  renforcer le message sérieux, ancré sur un fond rigoureux.

Vous allez encore plus loin avec l’esprit super-héros…

J’adore la science-fiction. « Les gardiens du climat » recourt à beaucoup de techniques : drône, images de synthèse, effets spéciaux. L’esthétique et l’esprit cinéma sont au service du message. Ce message s’adresse à notre cerveau rationnel mais aussi à nos sentiments. La force de l’émotion que le film doit stimuler en chacun de nous doit contribuer à aider à passer à l’action. L’objectif est que le spectateur sorte de la projection avec le sourire, et surtout l’envie d’agir comme les super héros !

Loin d’être un documentaire élitiste, le film doit séduire le grand public qu’il soit adulte ou collégien, lycéen… Les enjeux du changement climatique sont trop importants pour n’être perçus que par un public restreint et souvent déjà convaincu.

 

C’est la mission confiée aux Gardiens du climat ?

Après la réalisation de « Heulà ! Ça chauffe ! » qui alertait sur les effets du changement climatique en Normandie, j’ai eu envie de faire une suite qui puisse valoriser les Normands qui montrent concrètement ce que l’on peut faire, montrent la voie et qui incitent tout un chacun à suivre leurs pas. En nous identifiant aux personnages du film, nous pouvons prendre conscience qu’une action possible et immédiate devient évidente. L’objectif pur, simple et ambitieux du film est de donner envie d’agir dans le monde réel et au quotidien, de montrer que d’autres, autour de nous, sont prêts à nous aider à passer à l’action. L’exemple devient moteur.

Vos gardiens semblent tous détenteurs d’un pouvoir lié au Bonheur de l’action, face au « méchant » danger de l’inaction

Je souhaite mettre en avant ce qu’il y a d’humain, de touchant dans chacun des protagonistes du documentaire. Par exemple, un acteur engagé pour le vélo en ville touchera encore plus le spectateur si, en plus d’être « engagé », il raconte la joie qu’il éprouve à pédaler ou sa fierté de pouvoir se promener avec ses enfants à bicyclette.

 

Votre film cherche aussi à démasquer ce que ces « gardiens » ont en plus pour être des héros, et les « penseurs » contribuent à expliquer les sources de ce pouvoir ou les failles…

Les « penseurs » apportent le fond rigoureux scientifiquement irréprochable, dans différents domaines de compétence. Scientifiques, sociologue, économiste, philosophe…, ces intervenants conceptualisent, élargissent le propos en regard des témoignages des gardiens. L’idée de ce film est de trouver les moteurs profonds de notre passage à l’action. Quels sont les freins psychologiques aux changements individuels ? Quelles sont les grandes forces sociologiques qui dirigent les actions collectives, les mouvements de groupes et de sociétés ? Il nous faut aller au plus proche de solutions qui fonctionnent pour découvrir ce qui peut faire pencher la balance en faveur d’un avenir plus serein.

Propos recueillis par Nathalie Soyeux